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Ô vertes collines
Ô vertes forêts
Accueillez en vos seins
Les dépouilles des mals aimés
Les froids étendars de la gloire passée
Les vieilles écorchures d'un âge oublié
Ô profonds océans
Ô sereine mer
Que les vestiges des ces nefs
En vos corps ne soient pas égarées
Que les poussières des hommes du port
Soient mêlées à votre sang
Aride terre
Cruelles montagnes
Faites rejaillir l'eau trop longtemps tarie
Partagez la vie éternelle de vos paires
Ciel étoilé
Nuages de coton
Que dans vos bras naissent les terribles tempêtes
Et que dans vos yeux
Vivent et meurent les malheureux.
Publié par tara13 à 23:16:53 dans Soir d'automne | Commentaires (0) | Permaliens
Pieds nus, je marche sous le ciel anthracyte.
Sous ce ciel noir.
La terre encore humide s 'affaisse sous mes pas.
Aucun bruit, aucun bruissement alentour.
Seulement les hurlements du vent dans les troncs des arbres morts,meurtris par un hiver trop long.
Seulement un grondement lointain,sourd et grave.
La colère gronde dans mon coeur comme les lames de fond d'une mer déchainée.
La porte des songes est close.
Je me souviens de cette peur sans nom, de cette peur grandissante qui balaye les âges de cette terre.
L'aube se lève.
Enfin.
L'aube de mes jours se lève sur la voûtes des arbres.
L'orée n'est plus loin.
Le jour se flétrie, et je m'égare, dans la forêt changeante de mes humeurs.
Les feuilles trop longtemps distillées par la pluie et le vent s'envolent.
Et j'oublie.
Publié par tara13 à 23:06:07 dans Soir d'automne | Commentaires (1) | Permaliens
Ma main tremble, mon coeur vacille.
Je suis las de toute cette comédie. A la lumière d'une chandelle qui brille, j'essaye d'oublier les douloureuses reminiscences des bouffées troublantes, du contact soyeux et des senteurs magiques de mes cruels souvenirs. Rien ne va plus, les jeux sont faits.
C'est l'heure de l'irrémediable ouverture de mes poussièreuses boîtes à souvenir, empilées, et soigneusement fermées à clef. Je n'aime pas les ouvrir et pour certaines , j'en ai égaré la clef.
A l'ouverture de l'une d'elle, un subtil parfum boisé de cèdre et de pin se dégage et se dissipe dans les airs.Au fond, se trouvent pêles mêles tout un bric-à-brac de choses de rien du tout: un gland peint d'or, une fève marron de cacao, une bague à châs d'aventurine émoussée, un proverbe de biscuit chinois qui a jauni au fil du temps, un bout blanc de bâton taillé , la lame brisée d'un couteau gravé, les restes d'un collier bleu au pendentif en demi-lune, une fiole transparente contenant des extraits de plantes distillées, un quartz lumineux à facettes entouré d'un velour coquelicot, deux parchemins scéllés par des rubans de coton bleu outremer et vert amande, un tesson de potterie romaine ramassée dans une de ces nombreuses ruines d'une autre ère, des graines de zinnia.
Tous ces objets sont autant de petits bout de souvenirs, de petits restes d'instants qui se sont perdus au fil de ma mémoire.
Autrefois venait compléter cet inventaire, la plus précieuse des pierres à mes yeux ,une azurite polie tenant au creux de ma main, et signifiant tellement pour moi.
Mais je perds toujours les Pierres. Et celle là, je l'ai perdue.
Je m'imprègne de ces odeurs, de ces souvenirs, durant un moment.
Je refait de temps en temps ce rituel, je sors les objets un à un de ma boîte, je les contemple, les sent, les énumère, et puis je les remet un à un encore une fois, toujours dans le même ordre.
Cela m'apaise.
Le dernier objet rangé, résonnent alors en moi ces quelques mots...
"Vous atteindrez de grandes choses dans la vie"...
Et je referme la boîte.
Publié par tara13 à 21:54:04 dans Journal de bord | Commentaires (0) | Permaliens
Terreurs profondes, vous accablez mon âme
Soupirs fébriles, si doux, si vains
Au détour d'une pensée vous m'êtes infâmes,
Pourtant je ne vous craint!
Envahissant l'air de vils poisons,
C'est dans la beauté qu'ont vos airs
Que se trompent les malheureux Charon
Passant sur le Styx d'une rive à l'autre de l'Enfer.
Alors, Ô reine des nuits
Ne chassez pas l'étrange musique
Qui tous les soirs aux environs de minuit,
Me déclame un Te Deum d'une langueur mystique.
Gardez la mine fachée, l'oeil inquiet;
Car derrière les rochers, ce n'était plus qu'un rêve
Une ébauche d'une toile oubliée
Peinte autrefois mais que l'artiste achève.
Oui, telles se dessinent mes pires angoisses,
Quand après les derniers sacrements
Il n'y a plus rien qui ne me froisse
Juste la froide cruauté d'un terrible châtiment.
Aussi, c'est avec l'oeil agil et froid
Que je refermerai mon tombeau;
Ciguë, digitaline, Népenthès derrière moi
Maintenant il n'y a plus de Beau.
Publié par tara13 à 12:42:20 dans Mise à nue | Commentaires (0) | Permaliens
Puis le glas sonna, le cimetière fermait ses portes, et il me fallut le quitter.
Chacune de ces secondes étaient un songe de plus, chaque instant m'éloignait un peu plus de la réalité.
Je te retrouverai, un jour.
Publié par tara13 à 15:57:28 dans Ces lettres que l'on déchire et que l'on jette... | Commentaires (1) | Permaliens
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