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  • En cette triste journée d'autome, les feuilles de marroniers éparses sur les allées du Père Lachaise, les pelouses vertes impecablement tondues, les buis bien taillés, tout semble figé dans ce carré de grisaille et de pierres vieillies. Sur un banc à l'ombre d'un arbre, une vieille femme blonde avec un accent anglais, lit un roman d'un auteur mort depuis des siècles, son oeuvre à traversé le temps, ironie funeste alors qu'il se trouve couché à quelques pas d'ici.
    Les passants, curieux , voyeurs morbides ou nécrophiles, s'attardent le long de cette procession de noms sans fin.
    Famille Le Jeune, famille Luck, famille Cottin... tant de noms couchés sur la pierre mais qui ne signifient plus rien.
    Visiter les cimetières est devenu une mode et le Père Lachaise est à la mort ce que Lacroix est à la mode.
    Certains y viennent pour flâner, se perdre, s'engouffrer au hasard dans les milliers d'allées de ce labyrinthe, s'arrêter sur quelques noms et prendre le temps de rêver, d'inventer des vies à ces épitaphes, de matérialiser l'immatériel.
    Les autres y viennent armés d'appareils photo, de caméras, le portable à la main, menés par leur guide.
    On les reconnait à leurs cartes qu'ils tiennent devant eux tout en marchant sans même jeter le moindre regard sur tous ces anonymes.
    Anglais, allemands, français, jeunes, vieux, qui aurait cru que ce lieu de mort déborderait un jour d'autant de vie?
    Père Lachaise, nécropole cosmopolite, attraction malsaine, lieu d'histoires et d'Histoire

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